dimanche 30 septembre 2012

Hoi An : le coup de coeur !



C’est l’enchantement !
A chaque coin de rue, la vieille ville n’en finit pas de dispenser ses charmes. Ici, une pagode se cache derrière des bonsaïs centenaires. Là, de lourdes portes anciennes laissent deviner des colonnes en bois cernées de marbre à leur base (ingénieux système pour les prémunir des termites). Au dessus de nos têtes se balancent joyeusement dans la brise des lampions de toutes les couleurs. Les vietnamiens eux-mêmes s’accordent si bien à ce cadre que l’on pourrait penser que l’office du tourisme le leur a demandé. Ainsi surgit une vielle dame en tenue traditionnelle, chargée de ses panier pour nous vendre des bananes…et nous suggérer de la prendre en photo. A l’abri du soleil sous des toits en palme de coco d’eau, des femmes font rôtir des brochettes. Joignez l’odeur au tableau et vous y êtes tout à fait. « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. »
Les sons, bien sûr ! Ils proviennent des tambours et des cymbales qui retentissent dans chaque quartier où s’entrainent des groupes de jeunes et d’enfants pour la danse du lion. En effet, nous avons la chance d’être à Hoi An pour la fête du mi-têt d’automne.


 Le marché de Hoi An...

et son quartier.


Maisons typiques du vieux Hoi An...


 
Lit vietnamien typique : on est mieux au travail qu'au lit !



Une ville sur le fleuve.


Le pont couvert japonais.

Commerces de lampions.


Les maisons des congrégations chinoises....

 et leur temples...




La déesse Hue Tien...
ses démons...

...
 et son chien-chien toiletté.

Plus sérieusement, le dragon.
Pause gastronomique
(Stéphane tente Adèle avec un piment, sans succès,
tandis que Valentine en raffole).

 



samedi 29 septembre 2012

Le pont s'est écroulé!


C’est bien équipés que nous montons dans le bus de nuit en direction de Hoi An. Forts de notre expérience en Malaisie, nous avons prévu de quoi nous couvrir et un petit-déjeuner pour réconforter les troupes à l’arrivée. Mais, sera-ce suffisant ?
…Cela aurait très bien pu ne pas l’être !
Le voyage va commencer  sous de mauvais augures. Nous faisons soudain une halte bizarre dans la banlieue de Nha Trang. Ici, pas de cantine ou de toilettes, mais un petit magasin plein de vieux moteurs et d’outils de toutes sortes. A peine sortis de la ville que nous sommes déjà en panne ! Le chauffeur, fatigué et agressif, nous empêche d’abord de sortir mais finit par se rendre à l’évidence : il fait trop chaud pour nous laisser attendre dans le bus.
Tout le monde descend donc, et c’est l’aubaine pour l’échoppe qui vend des boissons fraîches à proximité. Jamais elle n’aura eu autant de clients à la fois dans un lieu aussi reculé.
Je discute alors avec des Viet kieu américains en vacances dans leur pays d’origine.
Après une heure d’attente, le bus est prêt à repartir. OUF !
Etonnamment, le bus rempli, notamment de jeunes routards, s’endort rapidement…Adèle a déjà reçu en cadeau des briques de lait et des gâteaux de toutes sortes. Une fois de plus, elle est la mascotte.
Je m’assoupis rapidement à mon tour et ouvre un œil à notre entrée dans Qui Nonh, la ville natale de papa. Hélas, je n’y distingue qu’à peine la mer. Je regrette de ne pouvoir la connaître mais nous ne pouvons pas tout faire.
Quelques heures plus tard, je m’éveille à nouveau. Cette fois, nous sommes cernés de toutes parts par des camions. Rien à manger à l’horizon…Au Vietnam, c’est louche. Que se passe-t-il ?
Je descends les pieds dans la boue (la mousson  se fait déjà sentir). Les Viet kieu me renseignent : « The bridge collapsed ! ». Le pont s’est donc écroulé à minuit et des équipes sont en train de le réparer depuis. Il est 6 heures. Mais que fait la police ? (elle est réputée pour ne s’intéresser qu’aux bac chiches). Personne n’est prévenu et l’embouteillage devient de plus en plus monstrueux ! Stéphane et moi commençons à évaluer nos provisions. Cela pourrait encore durer très longtemps !
En fait, nous avons la chance d’arriver en bout de queue. Le pont a rouvert depuis peu et nous finissons par passer au compte goutte.
Nous n’aurons mis que 15 heures au lieu de 11 pour Hoi An mais l’arrivée est tellement magique que nous avons déjà tout oublié.
 




Nha Trang: les soins du corps


A notre arrivée, nous sommes surpris par l’étendue de cette ville que nous pensions plus concentrée vers le littoral. En fait, elle se révèle aussi étendue vers l’intérieur que sur la côte. Notre hôtel se trouve dans la partie touristique car il propose de bonnes prestations à un prix défiant toute concurrence, d’autant plus que nous sommes hors saison. Ainsi, nous pourrons profiter d’une petite piscine sur un toit haut perché donnant à découvrir une jolie vue circulaire sur les montagnes de l’arrière pays.
La plage est conforme à ce que nous en savions : des barres d’hôtels de toutes sortes aux quelles il faut tourner le dos pour retrouver le charme d’un soleil couchant sur les îles en face.
C’est seulement sous cet angle que je peux me figurer le Nha Trang que papa a connu, et retrouver celui qui figure sur les photographies de l’époque d’Alexandre Yersin.
En effet, bien qu’un peu suranné, le musée consacré à ce scientifique étonnamment moderne, qui sauva l’humanité de la peste en en isolant le bacille, reste un arrêt sur image d’une époque où le Vietnam était encore une terre peu connue des européens.
Quelle évolution, sur le plan médical et touristique, en un petit siècle ! C’est aussi vertigineux que la hauteur des hôtels qui bordent la plage aujourd’hui !
Le meilleur souvenir que nous garderons de cette plage sera une promenade digestive nocturne, où nous nous fondrons dans l’ambiance du soir quand les vietnamiens viennent se détendre sur le front de mer dès le soleil couché. Il faut savoir que les vietnamiennes fuient le soleil, au point de mettre des chaussettes, des gants longs et un masque qui leur couvre entièrement le visage sous 35° de chaleur afin de conserver leur peau la plus blanche possible. Elles pâliraient certainement d’envie devant la burka. Les diktats de la beauté sont aussi contraignants que ceux de la religion…
Adèle, toute nue car elle s’est fait prendre par une vague qui a détrempé ses vêtements, se sent si libre de ses mouvements, qu’elle se livre à des contorsions dignes du Viet vo dao (art martial d’ici) et nous fait nous tordre de  rire ainsi que tous les promeneurs que nous croisons.
Nous avons ensuite la chance d’être invités à dîner par Ibrahim, un ami de mon oncle Christian. Il nous reçoit avec un curry de poisson car il est de double culture indienne et vietnamienne et nous fait goûter les desserts si particuliers d’ici : purée de haricots rouges sucrés et tapioca, par exemple. Cela ne ressemble à aucun des desserts que nous connaissons mais les filles se régalent.
C’est sur son conseil que j’emmène Valentine et Marie aux bains de boue le lendemain...et que nous tombons sur un filou de chauffeur qui prend la route du Spa tout neuf au lieu  de l’ancien. Il est trop tard pour rebrousser chemin quand je m’en aperçois. Je suis furieuse ! Mais ce sera un mal pour un bien…l’endroit est superbe et nous sommes contraintes et forcées de profiter de ce luxe !
Pour couronner le tout, j’ai pu concrétiser le « bon pour », offert à mon anniversaire. Valentine, Marie et Stéphane ont eu la bonne idée de me faire la surprise d’un massage. Quelque peu tendue encore au début, je finis par m’abandonner aux mains vigoureuses et expertes d’une toute petite vietnamienne. J’en ressors avec des parties de mon corps que j’avais oubliées, soudain ressuscitées. Quel beau cadeau, merci !

La piscine de l'hôtel avec vue sur les montagnes.

Quelques jeux d'eau sur la plage de Nha Trang...
 

 Oh ! des Hippos !

Enfin propres !

Un peu de culture (enfin) au musée Yersin.

Le bureau du célèbre médecin, bactériologiste,
découvreur (entre autres) du bacille de la peste (et c'est pas rien!). 

 Un homme à la pointe de la technologie de son temps
qui a su équiper l'institut Pasteur de Nha Trang des dernières inventions.

Liste non exhaustive de ses acquisitions.
Un billet d'avion  d'un autre temps...

 ...pour 12 passagers privilégiés.

 

L'envers du décor

Le chargeur de notre ordinateur nous lâche à Nha Trang. Stephane se rend chez Samsung qui n'en a pas de remplacement. Nul ne sait si nous pouvons le trouver. Je suis déçue car j'ai été très optimiste quant à la débrouillardise des Vietnamiens pour nous dépanner.
Nous sommes prêts à nous faire acheminer à prix d'or la pièce...jusqu'à ce que Stéphane tombe sur une boutique "qui répare tout", qui lui trouvera en 15 minutes le chargeur à un prix tout à fait correct.
Les filles vont pouvoir continuer à étudier commodément, et nous blogger aisément.
Ils sont forts ces Vietnamiens!

samedi 22 septembre 2012

Leaving Dalat

Aujourd’hui nous quittons Dalat pour Nha Trang. Le temps a filé, nous l’avons bien rempli. Nous quittons aussi Tung et sa famille en promettant de nous revoir, ici ou en France.
C’est l’heure du bus, de jour, qui s’avère être un bus…de nuit, avec couchettes. Explication : pris dans le tourbillon de nos visites et rencontres, nous avons appelé au dernier moment l’agence Sinh Tourist pour « réserver » nos places et celle-ci n’ayant jusque-là que six passagers avait prévu un minibus ; plutôt que de nous dire que c’était complet, ils ont sortis le  bus arrivé de Hoi An dans la nuit. Nous voici donc 11 dans un bus comptant 40 couchettes. Effet soporifique immédiat : tout le monde dort. Nous occupons avec Gwena la rangée arrière de 5 couchettes accolées, immense plateforme pleine de couvertures et de coussins sur laquelle nous nous vautrons, tels le calife Haroun-El-Poussah d’Iznogoud dans ses sofas gigantesques. On a connu pire comme conditions de transport.
De fait, si le parcours se révèle cahoteux et poussif, cela ne nous laisse que plus de temps pour contempler le magnifique spectacle des montagnes embrumées d’où jaillissent de vertigineuses cascades.
130 km et 4h plus tard nous sommes à Nha Trang…

 




Le père Joseph et son musée


C’est l’histoire d’une rencontre hors des sentiers battus, de celles qui ne se trouvent pas (encore) dans les guides de voyage. Une rencontre avec l’histoire familiale de Gwenaëlle, avec celle de son bon-papa Jean Le Pichon, qui fut familier des montagnes de la région et de ses tribus. Les voyages successifs de ses enfants et petits-enfants dans ce pays sont évidemment chargés de cette Histoire et de ces histoires.
Nous savons donc de source familiale que l’évêché de Dalat entretient un très confidentiel musée consacré à ces tribus montagnardes. Lors de notre visite à l’évêque où nous nous faisions connaître avant notre visite à la léproserie de Di Linh, nous avions été présentés au père Joseph Ngyuen Van Sinh, en charge de ce musée depuis deux ans. Rendez-vous était pris pour une visite guidée deux jours plus tard.
Le jour dit, de bon matin, le père Joseph nous accompagne au musée, qu’il nous ouvre religieusement. L’homme est passionné, très documenté sur le sujet. Ses yeux pétillent lorsqu’il nous raconte la vie des montagnards en nous présentant leurs outils, leurs objets rituels et leurs bijoux. Des reconstitutions grandeur nature, d’une case traditionnelle, de scènes de la vie courante nous plongent dans leur monde. Une collection de jarres, de vases khmers, ainsi que de superbes céramiques japonaises et Ming témoignent des échanges culturels que ces montagnards, pourtant isolés, ont entretenus avec l'extérieur. Une collection unique de statuettes Cham est exposée ici : elles sont restées cachées dans les montagnes pendant les années les plus virulentes du communisme et ont ainsi échappé à la destruction.
Encore une fois, la Providence semble avoir joué son rôle : lorsque nous l'avons rencontré, le père Joseph préparait son départ pour la Suisse, puis la France où il va passer plusieurs semaines pour faire des recherches sur le sujet...

 Le père Joseph nous montre un tambour de bronze 
daté de plus de 2000 ans.

 Reconstitution d'une case traditionnelle.

Valentine s'essaye au lithophone.

Gongs et tambour.
Les montagnards maîtrisent l'art de la vannerie.
Le trésor des Chams.
La déesse Cham Ponagar 
dont nous irons voir le temple à Nha Trang.
 

jeudi 20 septembre 2012

Emotion à la léproserie de Di Linh


« Qu’est ce qu’on va faire aujourd’hui ? », demande Adèle.
« On va voir des bonnes sœurs » lui répondons-nous.
« Chouette ! Eh, Valentine et Marie, on va voir des nouvelles sœurs. »

Nous partons en 4X4 avec Tung et son beau-père. Ainsi nous aurons un traducteur si besoin. Grâce aux indications d’oncle Patrick, nous trouvons facilement le chemin de la léproserie. Nous cherchons sœur Joséphine que la délégation Le Pichon-Manificat avait rencontrée en 2007. Ce ne peut être que la Providence qui nous l’amène car elle a en fait pris sa retraite depuis 2 ans chez les montagnards et ne vient plus qu’épisodiquement à la léproserie. Mais elle est là aujourd’hui. Nous la voyons arriver, adorable vieille dame toute fluette mais pourtant si forte de ses convictions.
Nous lui remettons l’obole de la famille et nous nous assurons que cet argent restera dans la congrégation et n’ira pas au gouvernement qui gère aujourd’hui en grande partie la léproserie.
Sa façon d’accueillir le don est exemplaire : pas d’effusions déplacées, mais beaucoup de simplicité. Elle nous dit que sa communauté priera pour M. Jean Le Pichon et sa famille.
Elle se prend aussitôt d’affection pour Adèle et la conduit sur la tombe de Monseigneur Cassaignes, fondateur de la léproserie, où il mourra en 1973 de la terrible maladie. Sœur Joséphine guide Adèle pour son signe de croix et nous nous recueillons un instant.
La visite continue avec la chapelle où les malades ont une messe chaque jour. Nous entrons ensuite dans la chambre de Monseigneur Cassaignes dont les murs retracent avec des photos, l’histoire de sa vie et les moments forts de ces lieux. Nous y voyons Sœur Joséphine soigner des lépreux et lorsque nous lui demandons si elle n’a jamais eu peur de tomber malade elle-même, elle nous répond « non », tout simplement, nous faisant comprendre que l’idée ne lui a jamais traversé l’esprit.
Au sujet de la béatification de Monseigneur Cassaignes que les vietnamiens espèrent beaucoup, elle nous dit qu’elle est contre car il n’avait qu’un seul intérêt en tête, celui des lépreux et que de là-haut il dirait que le reste n’a pas d’importance.
Nous comprenons le dévouement de l’évêque quand Sœur Joséphine nous conduit à l’hôpital de la léproserie et que nous entrons dans les chambres, face à la si grande souffrance de ces malades. Elle nous parait insoutenable car la lèpre est souvent doublée d’un cancer et les malades sont donc rongés de l’extérieur (moignons, amputations) et de l’intérieur (métastases). Le reste nous parait en effet avoir peu d’importance. Teung, qui nous suit dans notre visite et traduit quelquefois pour Sœur Joséphine quand des mots lui manquent, est lui aussi touché même s’il le laisse peu paraître.

Heureusement les lépreux gravement atteints restent peu nombreux et la grande majorité des plus jeunes qui séjournent en famille dans des petites maisons sur pilotis sont encore peu atteints et vont guérir grâce à leur traitement.

La communauté est en train d’organiser les 40 ans de la mort de Monseigneur Cassaignes et à cette occasion un grand repas va être organisé pour les 300 lépreux.

Joséphine nous quitte mais nous donne en partant du miel délicieux et un régime de bananes et nous piqueniquons à la léproserie avant de repartir remplis de cette rencontre. Valentine et Marie nous disent avoir l’avoir fortement ressentie aussi.

J’ai été très heureuse de revenir sur les traces de mon cher bon-papa.

Sœur Joséphine nous entraîne pour la visite.

 Sur la tombe de monseigneur Cassaignes.

 Ensemble dans la chapelle.

Visite de l'hôpital où sont soignés les lépreux.