C’est bien équipés que nous montons dans le bus de nuit en
direction de Hoi An. Forts de notre expérience en Malaisie, nous avons prévu de
quoi nous couvrir et un petit-déjeuner pour réconforter les troupes à l’arrivée.
Mais, sera-ce suffisant ?
…Cela aurait très bien pu ne pas l’être !
Le voyage va commencer
sous de mauvais augures. Nous faisons soudain une halte bizarre dans la
banlieue de Nha Trang. Ici, pas de cantine ou de toilettes, mais un petit
magasin plein de vieux moteurs et d’outils de toutes sortes. A peine sortis de
la ville que nous sommes déjà en panne ! Le chauffeur, fatigué et
agressif, nous empêche d’abord de sortir mais finit par se rendre à
l’évidence : il fait trop chaud pour nous laisser attendre dans le bus.
Tout le monde descend donc, et c’est l’aubaine pour
l’échoppe qui vend des boissons fraîches à proximité. Jamais elle n’aura eu
autant de clients à la fois dans un lieu aussi reculé.
Je discute alors avec des Viet kieu américains en vacances
dans leur pays d’origine.
Après une heure d’attente, le bus est prêt à repartir.
OUF !
Etonnamment, le bus rempli, notamment de jeunes routards,
s’endort rapidement…Adèle a déjà reçu en cadeau des briques de lait et des
gâteaux de toutes sortes. Une fois de plus, elle est la mascotte.
Je m’assoupis rapidement à mon tour et ouvre un œil à notre
entrée dans Qui Nonh, la ville natale de papa. Hélas, je n’y distingue qu’à
peine la mer. Je regrette de ne pouvoir la connaître mais nous ne pouvons pas
tout faire.
Quelques heures plus tard, je m’éveille à nouveau. Cette
fois, nous sommes cernés de toutes parts par des camions. Rien à manger à
l’horizon…Au Vietnam, c’est louche. Que se passe-t-il ?
Je descends les pieds dans la boue (la mousson se fait déjà sentir). Les Viet kieu me
renseignent : « The bridge collapsed ! ». Le pont s’est
donc écroulé à minuit et des équipes sont en train de le réparer depuis. Il est
6 heures. Mais que fait la police ? (elle est réputée pour ne s’intéresser
qu’aux bac chiches). Personne n’est prévenu et l’embouteillage devient de plus
en plus monstrueux ! Stéphane et moi commençons à évaluer nos provisions.
Cela pourrait encore durer très longtemps !
En fait, nous avons la chance d’arriver en bout de queue. Le
pont a rouvert depuis peu et nous finissons par passer au compte goutte.
Nous n’aurons mis que 15 heures au lieu de 11 pour Hoi An
mais l’arrivée est tellement magique que nous avons déjà tout oublié.
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