« Qu’est ce qu’on va faire aujourd’hui ? »,
demande Adèle.
« On va voir des bonnes sœurs » lui
répondons-nous.
« Chouette ! Eh, Valentine et Marie, on va voir
des nouvelles sœurs. »
Nous partons en 4X4 avec Tung et son beau-père. Ainsi nous
aurons un traducteur si besoin. Grâce aux indications d’oncle Patrick, nous
trouvons facilement le chemin de la léproserie. Nous cherchons sœur Joséphine
que la délégation Le Pichon-Manificat avait rencontrée en 2007. Ce ne peut être
que la Providence
qui nous l’amène car elle a en fait pris sa retraite depuis 2 ans chez les
montagnards et ne vient plus qu’épisodiquement à la léproserie. Mais elle est
là aujourd’hui. Nous la voyons arriver, adorable vieille dame toute fluette
mais pourtant si forte de ses convictions.
Nous lui remettons l’obole de la famille et nous nous
assurons que cet argent restera dans la congrégation et n’ira pas au
gouvernement qui gère aujourd’hui en grande partie la léproserie.
Sa façon d’accueillir le don est exemplaire : pas
d’effusions déplacées, mais beaucoup de simplicité. Elle nous dit que sa
communauté priera pour M. Jean Le Pichon et sa famille.
Elle se prend aussitôt d’affection pour Adèle et la conduit
sur la tombe de Monseigneur Cassaignes, fondateur de la léproserie, où il
mourra en 1973 de la terrible maladie. Sœur Joséphine guide Adèle pour son
signe de croix et nous nous recueillons un instant.
La visite continue avec la chapelle où les malades ont une
messe chaque jour. Nous entrons ensuite dans la chambre de Monseigneur
Cassaignes dont les murs retracent avec des photos, l’histoire de sa vie et les
moments forts de ces lieux. Nous y voyons Sœur Joséphine soigner des lépreux et
lorsque nous lui demandons si elle n’a jamais eu peur de tomber malade
elle-même, elle nous répond « non », tout simplement, nous faisant
comprendre que l’idée ne lui a jamais traversé l’esprit.
Au sujet de la béatification de Monseigneur Cassaignes que
les vietnamiens espèrent beaucoup, elle nous dit qu’elle est contre car il
n’avait qu’un seul intérêt en tête, celui des lépreux et que de là-haut il
dirait que le reste n’a pas d’importance.
Nous comprenons le dévouement de l’évêque quand Sœur Joséphine
nous conduit à l’hôpital de la léproserie et que nous entrons dans les
chambres, face à la si grande souffrance de ces malades. Elle nous parait
insoutenable car la lèpre est souvent doublée d’un cancer et les malades sont
donc rongés de l’extérieur (moignons, amputations) et de l’intérieur
(métastases). Le reste nous parait en effet avoir peu d’importance. Teung, qui
nous suit dans notre visite et traduit quelquefois pour Sœur Joséphine quand
des mots lui manquent, est lui aussi touché même s’il le laisse peu paraître.
Heureusement les lépreux gravement atteints restent peu
nombreux et la grande majorité des plus jeunes qui séjournent en famille dans
des petites maisons sur pilotis sont encore peu atteints et vont guérir grâce à
leur traitement.
La communauté est en train d’organiser les 40 ans de la mort
de Monseigneur Cassaignes et à cette occasion un grand repas va être organisé
pour les 300 lépreux.
Joséphine nous quitte mais nous donne en partant du miel
délicieux et un régime de bananes et nous piqueniquons à la léproserie avant de
repartir remplis de cette rencontre. Valentine et Marie nous disent avoir l’avoir
fortement ressentie aussi.
J’ai été très heureuse de revenir sur les traces de mon cher
bon-papa.
Sœur Joséphine nous entraîne pour la visite.
Sur la tombe de monseigneur Cassaignes.
Ensemble dans la chapelle.
Visite de l'hôpital où sont soignés les lépreux.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire