jeudi 20 septembre 2012

Emotion à la léproserie de Di Linh


« Qu’est ce qu’on va faire aujourd’hui ? », demande Adèle.
« On va voir des bonnes sœurs » lui répondons-nous.
« Chouette ! Eh, Valentine et Marie, on va voir des nouvelles sœurs. »

Nous partons en 4X4 avec Tung et son beau-père. Ainsi nous aurons un traducteur si besoin. Grâce aux indications d’oncle Patrick, nous trouvons facilement le chemin de la léproserie. Nous cherchons sœur Joséphine que la délégation Le Pichon-Manificat avait rencontrée en 2007. Ce ne peut être que la Providence qui nous l’amène car elle a en fait pris sa retraite depuis 2 ans chez les montagnards et ne vient plus qu’épisodiquement à la léproserie. Mais elle est là aujourd’hui. Nous la voyons arriver, adorable vieille dame toute fluette mais pourtant si forte de ses convictions.
Nous lui remettons l’obole de la famille et nous nous assurons que cet argent restera dans la congrégation et n’ira pas au gouvernement qui gère aujourd’hui en grande partie la léproserie.
Sa façon d’accueillir le don est exemplaire : pas d’effusions déplacées, mais beaucoup de simplicité. Elle nous dit que sa communauté priera pour M. Jean Le Pichon et sa famille.
Elle se prend aussitôt d’affection pour Adèle et la conduit sur la tombe de Monseigneur Cassaignes, fondateur de la léproserie, où il mourra en 1973 de la terrible maladie. Sœur Joséphine guide Adèle pour son signe de croix et nous nous recueillons un instant.
La visite continue avec la chapelle où les malades ont une messe chaque jour. Nous entrons ensuite dans la chambre de Monseigneur Cassaignes dont les murs retracent avec des photos, l’histoire de sa vie et les moments forts de ces lieux. Nous y voyons Sœur Joséphine soigner des lépreux et lorsque nous lui demandons si elle n’a jamais eu peur de tomber malade elle-même, elle nous répond « non », tout simplement, nous faisant comprendre que l’idée ne lui a jamais traversé l’esprit.
Au sujet de la béatification de Monseigneur Cassaignes que les vietnamiens espèrent beaucoup, elle nous dit qu’elle est contre car il n’avait qu’un seul intérêt en tête, celui des lépreux et que de là-haut il dirait que le reste n’a pas d’importance.
Nous comprenons le dévouement de l’évêque quand Sœur Joséphine nous conduit à l’hôpital de la léproserie et que nous entrons dans les chambres, face à la si grande souffrance de ces malades. Elle nous parait insoutenable car la lèpre est souvent doublée d’un cancer et les malades sont donc rongés de l’extérieur (moignons, amputations) et de l’intérieur (métastases). Le reste nous parait en effet avoir peu d’importance. Teung, qui nous suit dans notre visite et traduit quelquefois pour Sœur Joséphine quand des mots lui manquent, est lui aussi touché même s’il le laisse peu paraître.

Heureusement les lépreux gravement atteints restent peu nombreux et la grande majorité des plus jeunes qui séjournent en famille dans des petites maisons sur pilotis sont encore peu atteints et vont guérir grâce à leur traitement.

La communauté est en train d’organiser les 40 ans de la mort de Monseigneur Cassaignes et à cette occasion un grand repas va être organisé pour les 300 lépreux.

Joséphine nous quitte mais nous donne en partant du miel délicieux et un régime de bananes et nous piqueniquons à la léproserie avant de repartir remplis de cette rencontre. Valentine et Marie nous disent avoir l’avoir fortement ressentie aussi.

J’ai été très heureuse de revenir sur les traces de mon cher bon-papa.

Sœur Joséphine nous entraîne pour la visite.

 Sur la tombe de monseigneur Cassaignes.

 Ensemble dans la chapelle.

Visite de l'hôpital où sont soignés les lépreux.

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