mercredi 3 octobre 2012

5 grains de riz à vélo dans les rizières





Jusque là nous avons sillonné des villes, visité des temples et des musées, nagé  dans des eaux de toutes les couleurs (du turquoise au marron limoneux après de fortes pluies) mais nous n’avons pas encore eu l’occasion de nous promener dans la campagne et de rencontrer les paysans qui, bien que méprisés par les jeunes attirés par la ville, forment le tissu de la société vietnamienne.
Nous décidons de prendre un guide repéré sur une plaquette à l’hôtel car il est français, marié à une vietnamienne de la campagne de Hoi An. Nous passons le Song Thu (fleuve qui traverse Hoi An) en bac avec nos vélos et commençons la balade sur l’île de Cam Kim par la visite d’une fabrique de bateaux en bois. Les coques sont faites en bois de peack largement importé du Cambodge. Pour donner une idée du travail fourni, un tel bateau demande 6 semaines de travail et se vend dans les 1000$, dont le charpentier ne retirera que 200 pour son salaire. On comprend mieux pourquoi les jeunes s’éloignent de l’artisanat et l’agriculture pour se tourner vers le tourisme, d’autant plus que certains voyageurs lâchent leurs gros billets de dongs sans les distinguer des petits, donnant parfois pour une carte postale le salaire d’une journée.


Nous allons ensuite dans un atelier d’incrustation de nacre. Il s’agit d’un travail d’une finesse incroyable. Trois personnes y travaillent. La première étape consiste à dessiner les motifs et à les découper dans les coquillages à l’aide d’une simple scie en fil. C’est le travail de l’artiste. Ensuite, une autre personne dessine au crayon l’ensemble du motif que le troisième artisan va creuser pour en permettre ensuite l’incrustation de nacre. Un travail impressionnant ! Ce petit atelier rénove d’ailleurs des panneaux pour la cité impériale.


Decoupe de la nacre




Après quelques kilomètres pluvieux dans les rizières et les joncs qui donnent la matière première pour le tissage des nattes dont les vietnamiens se servent aussi bien de nappes au sol, que de matelas (les filles trouvent ça un peu dur quand même !), nous allons apprendre à pagayer sur un bateau panier.
C’est à l’usage que nous réalisons quelle endurance il faut pour les diriger, sans compter la précarité de ces embarcations. Nous imaginons les mêmes en mer sous les gros rouleaux de Cua Daï. Mais comment les pêcheurs en mer font-ils ?
Une vieille dame adorable toute en muscles et fumant la cigarette nous enseigne la difficile godille. Nous nous sentons maladroits comparés à sa dextérité mais Valentine et Marie s’en sortent très bien. Pascal, notre guide nous livre une explication à ces bateaux-paniers : les Vietnamiens les auraient inventés pour échapper à une taxe française sur les bateaux. A l’approche du fonctionnaire chargé de lever l’impôt, ils remplissaient le « panier » de choses à transporter. Ni vu, ni connu ! Pascal concède que cette explication est plausible mais insuffisante. Les bateaux paniers existaient certainement bien avant.


 La theorie du bateau panier

Interlude au dragon

 Mise en pratique...



Vient l’heure de se restaurer. Pascal nous emmène dans sa belle famille. Cela reste une excursion touristique dont nous n’avons pas l’exclusivité puisqu’elle fait partie du programme mais Pascal va mettre tout son cœur à nous conter ses premiers pas au Vietnam. L’accueil de sa belle famille, s’il reste financièrement intéressé, n’en est pas moins très convivial…et intéressant. Nous serons par exemple invités à mâcher du bétel par la grand-mère. Stéphane s’en amuse. Valentine et moi le recrachons aussitôt. Marie ne s’y risque pas. Quand on voit ce qu’il reste de dents à la grand-mère, mieux vaut peut-être ne pas y goûter !

Temps pluvieux mais heureux.

1 commentaire:

  1. Super votre blog la famille..Quelle belle aventure !
    Continuez de nous faire rêver, c'est un plaisir de vous lire à chaque fois.
    Par contre ca flotte un peu chez vous là ??!!
    Bisous bisous
    Frantz

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