dimanche 28 octobre 2012

Luang Prabang : où l'or coule à flot

Suis-je vraiment réveillée quand le tuk tuk nous dépose dans la rue principale de Luang Prabang après notre nuit chaotique en bus? Dans le silence serein du petit matin, des bonzes recueillent dans leur bol d’argent le riz gluant distribué avec respect par des laotiens qui marquent le caractère sacré de leur obole en portant une écharpe et en restant à genoux. Les moines avancent en procession d’un pas si feutré qu’ils semblent voler plus qu’ils ne marchent. Voir ainsi leurs longues robes safran soulignées d’une ceinture dorée se détacher de la brume matinale confère à la scène l’aspect irréel d’une vision.
Nous sommes saisis. Aucun d’entre-nous ne songe à dégainer l’appareil photo. Il est des images dont la beauté doit rester pudiquement cachée. Les laotiens l’ont bien compris qui ne dévoilent pas leur corps et comprennent mal le besoin des falangs (occidentaux) de capturer à tout prix l’annica, ou nature éphémère de toutes choses. En effet, pour les bouddhistes, tenter de les prolonger crée le dukkha ou l’insatisfaction.
En descendant la rue qui mène à notre hôtel, nous tombons sur le fleuve Nam Khan qui souligne d’un ocre ruban le charme des villas coloniales aux poutres de bois.
L’or, brillant des stupas à l’horizon, patiné des eaux limoneuses du Mékong ou des gongs usés de prières, vif des chrysanthèmes oranges donnés en offrande et des bonzes prosternés devant les hôtels, éternel du coucher de soleil embrasant les paysages de ses derniers rayons, l’or donc, se déroule en fil d’Ariane à travers toute la ville.


Or et ocre.


Derniers rayons de soleil sur le Mékong.


Une belle maison coloniale, un bonze: telle est l'ambiance à Luang Prabang.


Fabrication de galettes dorées comme le soleil...


...et dorées au soleil.


Au sommet, c'est le nirvana!


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