Suis-je vraiment réveillée quand le tuk tuk nous dépose
dans la rue principale de Luang Prabang après notre nuit chaotique en bus? Dans
le silence serein du petit matin, des bonzes recueillent dans leur bol d’argent
le riz gluant distribué avec respect par des laotiens qui marquent le caractère
sacré de leur obole en portant une écharpe et en restant à genoux. Les moines
avancent en procession d’un pas si feutré qu’ils semblent voler plus qu’ils ne
marchent. Voir ainsi leurs longues robes safran soulignées d’une ceinture dorée
se détacher de la brume matinale confère à la scène l’aspect irréel d’une
vision.
Nous sommes saisis. Aucun d’entre-nous ne songe à dégainer
l’appareil photo. Il est des images dont la beauté doit rester pudiquement
cachée. Les laotiens l’ont bien compris qui ne dévoilent pas leur corps et
comprennent mal le besoin des falangs (occidentaux) de capturer à tout prix l’annica, ou nature éphémère de toutes
choses. En effet, pour les bouddhistes, tenter de les prolonger crée le dukkha ou l’insatisfaction.
En descendant la rue qui mène à notre hôtel, nous tombons sur
le fleuve Nam Khan qui souligne d’un ocre ruban le charme des villas coloniales
aux poutres de bois.
L’or, brillant des stupas à l’horizon, patiné des eaux
limoneuses du Mékong ou des gongs usés de prières, vif des chrysanthèmes oranges
donnés en offrande et des bonzes prosternés devant les hôtels, éternel du
coucher de soleil embrasant les paysages de ses derniers rayons, l’or donc, se
déroule en fil d’Ariane à travers toute la ville.
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| Or et ocre. |
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| Derniers rayons de soleil sur le Mékong. |
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| Une belle maison coloniale, un bonze: telle est l'ambiance à Luang Prabang. |
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| Fabrication de galettes dorées comme le soleil... |
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...et dorées au soleil.
Au sommet, c'est le nirvana! |
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