Quel contraste avec Hanoï ! Cette ville tranquille,
avec très peu de circulation pour une capitale, étire de larges avenues le long
du Mékong. Pour autant, elle n’est pas encore défigurée par d’horribles
gratte-ciels, même si des complexes chinois sont déjà en cours de construction
qui laissent à penser que la ville risque d’évoluer rapidement…et pas forcément
dans le bon sens.
Mais pour le moment, nous sentons que Vientiane dégage une
tranquillité toute bouddhique. A 5 heures du soir les Laotiens rentrent chez
eux pour dîner et vers 9 heures la ville est déjà ensommeillée.
Nous passons le début de la soirée au parc de jeux pour
enfants sur le Mékong. Adèle est ravie et nous apprenons quelques mots de base
avec un père de famille.
En quête d’un restaurant, nous ne subissons aucun
harcèlement et nous nous décidons sans pression aucune et accompagnés de
sourires et de salutations pour un poisson du Mékong grillé en croûte de sel
fourré de branches de citronnelle. Un délice ! La traditionnelle salade de
papaye qui l’accompagne est aussi très bonne mais…caramba ! Nos papilles
sont brûlées par le piment bien que nous y soyons habitués. Nous apprendrons
bientôt un mot très utile « bore pet » pour que les plats soient
moins forts.
A vélo le lendemain, nous remontons les champs Élysées
Laotiens. Sur l’équivalent de la place de l’étoile, nul besoin de se battre
pour s’engager dans le flux, quelques coups de pédales suffisent. Décidément,
le leitmotiv touristique de l’Asie du Sud Est (« Same same…but
different »), prend ici tout son sens. Le Patsukaï, arc de triomphe sur le
modèle du notre, offre une vue assez décevante de la capitale. De loin, on
pourrait croire à un sosie en miniature de notre monument, sauf que, de plus
près, ce sont des motifs bouddhiques qui le décorent. Nous nous étonnons de
voir flotter les drapeaux rouges de la
faucille et du marteau, de paire avec le drapeau laotien. Cela existe donc
encore…
Nous assistons le dimanche à une belle messe en anglais
célébrée par l’évêque. Les chants ont été bien préparés par la communauté
cosmopolite de Vientiane. Mais quelle n’est pas notre surprise de trouver aux
pieds de la statue du cœur sacré de Jésus des victuailles en offrande comme
dans les temples qui jouxtent la cathédrale.
Le soir, j’emmène Valentine et Marie au sauna aux herbes.
L’endroit est typiquement laotien, même si quelques touristes comme nous
viennent y être embaumés de citronnelle. Nous poursuivrons désormais notre
voyage dans le sillage de l’odeur et de la saveur dégagées par cette herbe.
Dans le sauna, femmes et hommes sont séparés. De notre côté,
je retrouve l’ambiance des hammams : complicité féminine et secrets de
beauté partagés. Les laotiennes s’enduisent d’une mixture faite de yaourt et de
charbon avant de laisser la vapeur odoriférante purifier leur peau. Je suis
heureuse de vivre ce moment avec les filles.
| Sur le Mékong, statue du roi Anouvong, mort en 1828 et considéré comme un héros par les nationalistes pour son combat contre les Thaïs. |
| Adèle, trop heureuse de pouvoir jouer avec des enfants de son âge. |
| Les tuk-tuk ou sawngthaew. |
| La beauté simple du Mékong. |
| Et "l'esprit" que vont y donner les chinois. |
Champs elysées. "Same, same...but different"![]() |

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